Partager l'article ! Il vient d'être nommé au conseil d'Etat Arno Klarsfeld, pourquoi tant de récompenses?: PAR MATHILDE MATHIEU 23/11/2010 ...
PAR MATHILDE MATHIEU 23/11/2010
Il y aurait de quoi présenter la nomination d'Arno Klarsfeld au conseil d'Etat, fin octobre, comme une imposture: Nicolas Sarkozy a placé un «ex» de sa femme, Carla Bruni, au cœur de la plus haute juridiction administrative française; Nicolas Sarkozy a récompensé un patronyme, celui de Serge et Beate Klarsfeld, éminents «chasseurs de nazis»...
En même temps, un tiers des membres de cette vénérable institution sont désormais désignés par le gouvernement («au tour extérieur»), sans jamais passer par l'ENA. Et puis Arno Klarsfeld est tout de même avocat. Trois ans durant, il a aussi occupé un poste de conseiller à Matignon, auprès de François Fillon. Du coup, le vice-président du conseil d'Etat, lui-même, n'a rien trouvé à redire à son arrivée: «avis favorable». Après tout, pourquoi pas?
Avec un esprit mal tourné, on pourrait cependant poser la question autrement: pourquoi donc? Quel labeur cette nomination vient-elle récompenser? Quand on s'enquiert auprès de Matignon du travail abattu par Arno Klarsfeld entre juillet 2007 et octobre 2010, personne ne rappelle. L'intéressé non plus – au début.
C'est d'abord son père, Serge, qui compose le numéro... du directeur de Mediapart en personne, Edwy Plenel, pour protester. Après quoi, le fils daigne contacter le journaliste de base et mitrailler ses titres de gloire: «Je suis l'un des rares avocats au monde inscrit dans trois barreaux: Sacramento, New York et Paris. Au procès Papon, alors que la défense demandait l'acquittement, alors que des parties civiles réclamaient la perpétuité, j'ai été le seul à plaider pour une peine équitable de 10 ans(finalement prononcée par la Cour). J'ai...» Stop, là n'est pas la question.
Arno Klarsfeld, certes aimable, refuse d'expliquer de quoi ses journées étaient faites à Matignon (quand des rumeurs affirment que personne n'entrait dans son bureau, que sa secrétaire comblait péniblement ses journées)... Tout juste glisse-t-il: «J'ai conseillé François Fillon dans plusieurs domaines, comme la mémoire, la délinquance des mineurs, l'immigration... Je lui envoyais spontanément des notes, quasiment tous les jours.» Qui recommandaient quoi? «C'est confidentiel.» Avec quels retours? «C'est entre lui et moi.» Quelle influence sur la politique gouvernementale? «C'est secret». Sa rémunération? «C'est privé.»
Son soutien au gouvernement, à l'inverse, Arno Klarsfeld l'a étalé chaque fois que nécessaire dans les médias, sur les Roms par exemple, avec cette tribune dans Le Figaro cet été: «Le premier devoir d'un dirigeant politique est d'assurer la sécurité et la protection de ses concitoyens», a-t-il clamé, au secours de Nicolas Sarkozy. Quant à «déchoir de la nationalité française des Français d'origine étrangère», «c'est moral», dès lors qu'ils ont tué un policier... Si même un Klarsfeld le dit !
Intrigués, les étudiants du Centre de formation des journalistes (CFJ) ont profité d'une rencontre début novembre avec Martin Hirsch, conseiller d'Etat lui aussi, pour l'interroger: cette nomination ne représenterait-elle pas un conflit d'intérêts, compte tenu de la relation passée entre Arno Klarsfeld et Carla Bruni? «Je ne vois pas trop en quoi, a répondu Martin Hirsch, auteur d'un livre sur le sujet. On est éventuellement dans le piston, l'amitié... Mais quand quelqu'un a rendu service dans des cabinets (ministériels), le “tour extérieur” est fait pour ça. Après, il y a des nominations plus ou moins opportunes...»
Pour juger de l'opportunité de celle-ci, Mediapart a voulu replonger dans la carrière de «conseiller» d'Arno Klarsfeld. En effet, depuis 2005 et sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, l'avocat s'est vu confier au moins six missions ultra-médiatisées, notamment sur Haïti, le droit au logement ou les sans-papiers, bondissant d'un sujet à l'autre en triathlète accompli comme il passe de la nage au vélo: mais où sont les rapports commandés? Combien de pages? Que disent-ils? Valaient-ils cette place en or au conseil d'Etat? Mediapart a passé au crible la production d'Arno Klarsfeld, dilettante revendiqué, qui justifiait ainsi sa candidature (ratée) aux législatives de 2007 à Paris: «Je connais le XIIe arrondissement, je l'ai traversé quand j'ai couru le marathon»...
Arno Klarsfeld déclare être allé «trois ou quatre fois» à Haïti, dépêché par Matignon. D'après nos recherches, ce serait plutôt trois. C'est lui qui a soumis l'idée de ce voyage à François Fillon, parce que «c'est un pays francophone d'une extrême pauvreté». Le premier ministre a juste réclamé un rapport à son conseiller, sur «l'aide française en Haïti».
L'auteur refuse aujourd'hui de le communiquer, de même que Matignon. Impossible, en fait, de trouver une personne qui l'ait lu: ni au Quai d'Orsay, ni au groupe d'amitié France-Haïti de l'Assemblée nationale, ni à l'ambassade de France à Haïti, dont le message sur le site annonçant que «le rapport est en cours de finalisation» n'a jamais été actualisé. Et si Arno continuait de le peaufiner? «Le premier ministre l'a eu, et j'ai dit l'essentiel du contenu dans les médias», réplique l'intéressé. Un diplomate assure que ce rapport n'a jamais vu le jour, une première version «truffée d'erreurs»ayant mis fin à l'exercice.
Fin 2008, parti constater les dégâts de cyclones, il a recommandé d'envoyer des experts sur place, juger des risques d'effondrement des écoles; il a aussi conseillé de financer des projets de coopération. «Lesquels?», s'est enquis le premier ministre – question pointue. François Fillon a suggéré à son conseiller de retourner sur place, pour opérer une sélection. Début 2009, trois projets ont ainsi retenu son attention: l'un touchant au planning familial, l'autre à la domesticité des enfants, le troisième aux pompiers. Utile?
Un membre de l'ambassade de l'époque se souvient: «Il a des qualités humaines, il est sensible. Mais l'objet de sa mission était superfétatoire. Un an auparavant, un très bon rapport avait été fait sur les pays en situation de fragilité avec de vrais experts dans tous les domaines : santé, éducation, etc. Lui, en dix jours, était censé faire un diagnostic global...» Comment s'y est-il pris? «Il n'avait pas de programme clair, il n'a fait que se balader. Il faisait des joggings le matin, entouré de quatre gardes du corps, et ensuite il disait qu'il ne voyait pas de problèmes de sécurité. Il a accordé une interview où il parlait de la corruption du pouvoir en place; il a fallu qu'on rattrape le coup: il n'avait pas du tout le langage diplomatique.»
Amer, le diplomate préfère résumer sa pensée par une blague: «C'est l'histoire d'un PDG qui demande à un de ses amis ministre s'il n'a pas un job pour son fils. Le ministre répond qu'il a un poste de conseiller rémunéré 10.000 euros. Le PDG estime que c'est trop.
— Vous n'auriez pas juste un poste de fonctionnaire de base payé 3.000 euros ?
— Ah non, répond le ministre. Pour ça, il faut avoir passé un concours et présenter des compétences.»
Un autre ancien de l'ambassade s'attarde à raconter les courts-circuits en série provoqués par ces visites, la stupéfaction de certains responsables politiques ou intellectuels haïtiens face au personnage et transmet un souhait: «Surtout, par pitié, qu'il ne revienne pas!»
Arno Klarsfeld est à nouveau retourné sur place après le tremblement de terre de janvier 2010. Une brève du Canard enchaîné révélait dans la foulée qu'il avait secouru et rapatrié Voltaire, le chat du numéro 2 de l'ambassade.«J'ai proposé aussi d'aller en Afghanistan, pour faire un rapport, et puis pour montrer la solidarité de l'exécutif, mais l'Elysée a refusé», raconte l'avocat, à la télé.
Ecologie, février 2007
En pleine campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'est souvenu qu'Arno Klarsfeld débarquait au procès Papon en patins à roulettes. En tant que président de l'UMP, il lui a donc commandé un rapport sur l'écologie et les transports non-polluants. Dans sa lettre de mission, adressée à l'avocat le 19 février 2007, exhibée illico dans les médias, Nicolas Sarkozy l'écrit noir sur blanc: c'est l'expertise d'un «adepte du vélo et du roller» qu'il requiert...
Les conclusions d'Arno Klarsfeld (supposées «porter sur toute la problématique en cause, depuis l'incitation à l'innovation industrielle jusqu'aux politiques publiques d'équipement et de transport public, en passant par la question du partage de l'espace») étaient attendues un mois plus tard. On n'en a jamais vu la couleur. Pas une trace dans la presse. Il faut dire qu'à l'époque, le programme du candidat UMP à la présidentielle était bouclé depuis des lustres.
En fait, pour Nicolas Sarkozy, il s'agissait surtout de préparer l'opinion à l'hypothèse d'une entrée d'Arno Klarsfeld au gouvernement (à la tête d'un secrétariat d'Etat), d'imposer l'idée de sa polyvalence.
La défaite de l'avocat aux législatives parisiennes, quelques mois plus tard, a tué ce scénario dans l'œuf. Aujourd'hui, quand on demande copie du rapport à une attachée de presse de l'UMP, elle rappelle désolée: «Je n'en ai pas trouvé trace; je vous suggère de vous tourner vers l'Elysée.» L'auteur présumé, lui, balaye:«Je ne l'ai plus, il faudrait que je recherche dans mes papiers. C'était une mission très mineure.» A-t-il seulement existé?
En décembre 2006, lorsque Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, lui demande de mener une médiation auprès des Enfants de Don Quichotte qui ont installé des tentes sur les bords du canal Saint-Martin, à Paris, Arno Klarsfeld saisit son téléphone. Au bout du fil, Martin Hirsch, alors président d'Emmaüs: «Allo, Martin, c'est Arno!» Arno, Arno? «Je ne le connaissais pas, mais c'est comme ça chez les people: on s'appelle par son prénom», s'amuse aujourd'hui Martin Hirsch. Arno, donc, veut passer le réveillon de Noël dans un centre Emmaüs. «Le réveillon, peut-être pas. Mais un autre soir, pourquoi pas», s'entend-il répondre.
Les «compagnons» l'accueillent le jour J en lui tendant des dossiers de sans... papiers. Une dizaine seront illico réglés, grâce à son entregent au ministère de l'intérieur, selon Martin Hirsch.
Pour ce qui est des sans-abri en revanche, la médiation de l'avocat n'a pas laissé grand souvenir. Sauf à Rodolphe Cloteaux, rédacteur en chef du journal de rue L'Itinérant, appelé par Arno lui aussi («C'est Christine Boutin qui avait transmis mes coordonnées»). Le médiatique avocat lui explique qu'il veut passer la nuit dans un centre d'accueil pour SDF. Rodolphe Cloteaux propose le CHAPSA, à Nanterre, réputé au début des années 2000 pour son insalubrité. «Jusqu'au bout, j'ai cru qu'il allait trouver un biais pour ne pas le faire, se souvient-il. Le personnage m'indispose, mais il a quand même été courageux. On a dormi dans une chambre de quatre, avec un mec qui ronflait et une odeur de pisse.» Au petit matin, des journalistes l'attendent à la sortie.
Arno Klarsfeld tirera de cette expérience l'idée phare de son rapport: des centres à taille humaine, de 30 à 50 personnes. «Mais les pensions de famille, ça existait déjà!, s'agace encore aujourd'hui Patrick Doutreligne, directeur général de la fondation Abbé-Pierre, qui avait participé à une réunion en sa présence. Il découvrait tout, n'apportait rien. Une météorite dans le monde des sans-abri.»
Augustin Legrand, porte-parole des Enfants de Don Quichotte, avait aussi bu un café avec l'avocat. «Il est arrivé sur le canal Saint-Martin avec son allure de bobo bien sapé. Il a dit: on connaît les solutions, il suffit de construire des petites maisons pour les SDF. Moi à l'époque j'étais loin d'être expert. Mais lui, il n'y connaissait vraiment rien. On ne l'a jamais revu.» A tel point que les Enfants de Don Quichotte et la fondation Abbé-Pierre ignorent qu'à la fin de sa mission, Arno Klarsfeld a écrit un rapport de deux pages et demie sur le «droit au logement opposable» (DALO), dans lequel il se voulait «ambitieux», imaginant l'instaurer «d'ici 5 à 10 ans». Le projet de loi DALO, déjà prêt, était adopté à l'Assemblée nationalequelques jours plus tard.
(Pour télécharger son rapport, cliquez ici)
En juin 2006, Arno Klarsfeld se porte à la rescousse de Nicolas Sarkozy, embourbé dans le dossier des sans-papiers dont les enfants sont scolarisés en France. Depuis des mois, le ministre de l'intérieur se voit affublé du titre de «chasseur d'enfants» par le Réseau éducation sans frontières (RESF). Pour tenter l'apaisement, Nicolas Sarkozy publie une circulaire ouvrant droit à régularisations exceptionnelles, sur critères (élèves arrivés dans l'Hexagone avant 13 ans, scolarisés depuis un an, etc.). Dans les préfectures, qui improvisent, c'est la cohue.
Le 27 juin, Arno Klarsfeld se retrouve bombardé «médiateur national, chargé d'harmoniser (le traitement) dans l'ensemble des départements». Pourquoi lui? «Avant cette histoire, j'avais envoyé un mail à Claude Guéant (directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy) pour attirer l'attention sur les enfants qui ont leurs attaches en France», explique-t-il aujourd'hui.
Arno Klarsfeld dans son rôle de médiateur, avec Nicolas Sarkozy, en juillet 2006© Reuters
«Arno Klarsfeld n'avait d'autre qualité que son patronyme, se souvient Richard Moyon, alors porte-parole de RESF. Nicolas Sarkozy l'a utilisé pour se dédouaner du soupçon de chasse aux enfants, déminer l'expression.» D'emblée, l'avocat multiplie les déclarations imprudentes:«La quasi-totalité des enfants vont voir leur situation régularisée», lance-t-il de but en blanc, sur France Inter, le 3 juillet. Urbi et orbi, il jure que la circulaire est «généreuse». Au début des vacances, le ministère livre une estimation du nombre de régularisations probables à la fin de l'été: environ 6.000.
Début septembre, des dizaines de milliers de foyers ont cependant déposé un dossier, au risque de se faire repérer. Et le verdict tombe: 6.924 régularisés, 23.000 familles déboutées. En fait, seuls les premiers arrivés ont été bien servis; la gauche et les associations peuvent dénoncer une opération de dupes, avec un «quota» fixé à l'avance. «Au final, l'impact d'Arno Klarsfeld a été nul, estime Richard Moyon. On l'a vu, c'est sûr, distribuer des bouteilles dans les queues des préfectures, intervenir sur quelques cas ponctuels. Mais il a papillonné, accompagné, et surtout cautionné.»
L'ancien porte-parole de RESF a la phrase qui tue: «Même s'ils ne s'en vantent pas, certains élus de la droite dure comme Thierry Mariani, dans leur circonscription, ont fait régulariser plus que lui!»
En mai 2006, à la demande de Nicolas Sarkozy, l'avocat révèle à une France ébahie l'existence de «bandes» et de «territoires», dans un rapport sur la délinquance des mineurs commandé par Nicolas Sarkozy (en tant que président de l'UMP). On imagine le choc chez le commanditaire, par ailleurs ministre de l'intérieur...
Première phrase de ce document de sept pages (dont une demie comblée par un poème de Victor Hugo): «En dix ans, la délinquance des mineurs a doublé: une délinquance diverse dont la manifestation la plus alarmante est l'accroissement considérable de la violence.» Le reste est à l'avenant: rarement sourcé (ou pas contextualisé), truffé de lieux communs, sinon d'approximations: Arno Klarsfeld recommande par exemple que les casiers judiciaires des mineurs, à 18 ans, ne soient plus lavés de leurs actes les plus graves – une réforme déjà acquise à l'époque.
Il se penche aussi sur l'arlésienne de la droite: la suppression des allocations familiales aux parents absentéistes: «Si une série de voitures sort de l'usine avec un vice de fabrication et que ces voitures viciées causent des accidents, des blessés et des morts, il est juste de se retourner contre le constructeur. Peut-on agir de même en assimilant le parent au constructeur et l'enfant au produit vicié?» Arno Klarsfeld n'en est pas sûr. En revanche, «il serait logique de supprimer les allocations familiales aux parents dont les enfants sont incarcérés», écrit-il.
Pas de petites économies. Il préconise aussi de repérer «les enfants violents et/ou asociaux» dès la maternelle, pour prévenir les carrières délinquantes.
A l'avenir, s'il veut se faire bien voir au Conseil d'Etat, l'avocat devra toutefois se relire. Car il use de formules étonnantes, du style: «Si les ¾ des primo délinquants restent primo délinquants... »; ou de sentences du genre: «Même si on est arrêté, on ne l'est que très peu par rapport au nombre de délits commis avec impunité.» Avec quatre ans de recul, Arno Klarsfeld commente: «Encore aujourd'hui, dans son rapport sur la délinquance juvénile (remis le 3 novembre à Nicolas Sarkozy), Bockel (le secrétaire d'Etat à la justice) reprend certaines de mes propositions...»
(Pour télécharger son rapport, cliquez ici)
Lois mémorielles, décembre 2005
C'est la première collaboration entre Arno Klarsfeld et Nicolas Sarkozy, qui se sont rencontrés à vélo, par hasard, un week-end à Longchamp. Le président de l'UMP sollicite l'avocat pour un «travail approfondi sur la loi, l'Histoire et le devoir de mémoire». Arno Klarsfeld surgit en fait sur un champ de bataille ultra miné: quelques mois plus tôt, la loi sur les rapatriés de février 2005 a reconnu le «rôle positif» de la colonisation; et des historiens, outrés que les élus et la justice s'immiscent dans leur travail, ont pétitionné pour faire abroger ce texte, ainsi que la loi Gayssot (réprimant le négationnisme) et la loi Taubira (faisant de l'esclavage un crime contre l'humanité).
Arno Klarsfeld rend 10 pages, relues par son père Serge, dans lesquelles il désavoue les pétitionnaires (qui «se trompent») et défend les lois mémorielles. Il prône une «réécriture» de l'article sur le «rôle positif» de la colonisation, «inacceptable» parce qu'à sens unique: il suggère «un terme neutre», qui prenne tout de même «en considération certains aspects positifs de la présence française» sur le continent africain. Et de citer l'historien Fernand Braudel: «l'enseignement, un certain niveau de la technique, de l'hygiène, de la médecine, de l'administration publique»...
Sa proposition in fine? «Que les manuels scolaires reconnaissent la placeconséquente de l'histoire de la présence française dans les territoires autrefois d'outre-mer»... L'idée ne sera jamais retenue.
En 2008, lorsqu'une mission sur les lois mémorielles s'est montée à l'Assemblée nationale, elle n'a fait aucune référence à son travail; elle a auditionné Serge et Beate Klarsfeld, bien sûr; mais pas Arno.
(Pour télécharger son rapport, cliquez ici)